Vient de paraître dans le Web une intéressante étude (datant de 1999) sur les divers aspects susceptibles de susciter chez les jeunes hockeyeurs le désir de se lancer dans une carrière professionnelle. L’industrie du hockey est scrutée à la loupe, avec un regard sociologique. Captivant!

Bien sûr, ne réussit pas dans le sport qui veut; le talent est toujours de rigueur. Le goût de jouer au hockey demeure un élément incontournable dans l’intérêt que porte un jeune au regard de ce sport. C’est la base requise.thumbnailCAFW7LUL

«L'intérêt pour le métier de joueur de hockey

passe d'abord par le goût de jouer au hockey.»

Par contre, l’accès aux bonnes filières demeure un impératif clé. Il appert que les conditions sociales viennent fortement influencer l’excellence et les carrières des joueurs. Les niveaux de performance seraient davantage «socialement constituées, socialement fabriquées». Comme dans bien des domaines, le système de hockey de compétition produit des inégalités dans l’atteinte de l’excellence qui seront déterminant dans la progression du joueur.

En pratique, l’intégration dans les équipes d’élites permet tout à la fois de disputer des matchs contre les meilleures équipes régionales et d’accéder aux ligues les plus compétitives. À cet effet, certaines observations ont été tirées de l’organisation structurelle des équipes de hockey d’élite :

po«Le hockey amateur est ainsi structuré qu'il existe, pour un même groupe d'âge, des différences énormes dans les conditions de pratique entre les équipes d'élite (celles des catégories AA et A) et les équipes de catégories inférieures (celles des catégories B et ligues maison). Les jeunes des équipes d'élite disputent un nombre plus considérable de joutes et de tournois, s'entraînent plus souvent, ont habituellement de meilleurs entraîneurs et un équipement de plus grande qualité. Ils sont donc susceptibles de progresser plus vite. Ces disparités dans les conditions de la pratique entraînent des écarts dans les niveaux de performance atteints dès les premiers stades (7 à 12 ans), écarts qui risquent de s’agrandir lorsque les joueurs arrivent dans des catégories supérieures (13 à 16 ans). Il est donc essentiel que les jeunes qui désirent se lancer dans la compétition active s'intègrent rapidement dans une équipe d'élite, puisque, autrement, il leur sera difficile de rattraper les autres. Ces disparités dans la structure même de la compétition pourraient d'ailleurs expliquer en partie pourquoi ce sont souvent les mêmes joueurs qui, d'une classe d'âge à l'autre, font partie des équipes d'élite.»

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Source : Vouloir faire carrière dans le hockey professionnel : l'exemple des joueurs juniors québécois dans les années soixante-dix, Jean Poupart, Sociologie et sociétés, vol. XXXI, n° 1, printemps 1999, p. 163-179 (Presses de l'Université de Montréal)